Essuyer avec la main la poussière de Sous le volcan[1]. Déplacer la bougie qui était éteinte dont Sous le volcan avait été le support toute la nuit. Avec les allumettes qui trainent faire des lignes d’allumettes plutôt que d’écriture. Quitter la position assise, s’allonger, attraper un livre à portée de main, le premier qui vient le présenter face ciel aux nuages et aux martinets, défaire les lignes d’allumettes, regarder les méduses de la première page de couverture, sentir l’eau dans l’encre, ses remous et son écume dans les marges et les alinéas surtout. Ne pas passer entre les mots, être prise par un passage / « Il n’existe rien de plus difficile que de s’abandonner à l’instant. Cette difficulté est la douleur humaine. Elle est nôtre. Je m’abandonne en mots et je m’abandonne quand je peins. »[2] / Je m’abandonne en poussières quand je danse.
Rêve, nuit du 14 au 15 novembre. Je feuilletais le grand livre du livre de la vie , image ne me quittant plus depuis que je l’ai découverte dans le texte de l’Apocalypse au verset suivant : « On ouvrit des livres, puis un autre encore : le livre de la vie. » (Apocalypse 20, 1, 16) Ce texte est un peu plus loin de moi maintenant qu’il y a quelques mois mais c’est une distance seulement géographique, comme avec les êtres que l’on aime, et qui vivent en nous : nulle séparation dans l’invisible mais grande peuplade inter-pénétrante, les rêves nous le révèlent bien : ce sont les formes et les couleurs qui changent, les formes et les couleurs, seulement. Et qu’est-ce que c’est que cette peur de vivre dans les livres ? Ne sommes-nous pas constamment en train de vivre des histoires ? De nous en raconter ? Et par là même, de trouver le sens de notre vie ou son absurdité ? Par cette faculté fabulatric...
Les billets d'été m'iront très bien. Je te salue amicalement Sacha.
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