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Articles

Billet d'été -3- de lectures dansées, 26 août 2020

J’aime la sonorité du mot  passage…  En particulier pour qualifier l’extrait d’un livre que l’on choisit de lire à haute voix ou de recopier pour soi ou pour quelqu’un. En lisant le récit de la vie de l’artiste Mina Loy (1882-1966),  Mina Loy, éperdument  de Matthieu Terence (digne d’un très bon roman d’aventures), j’ai découvert une façon qui me plaît beaucoup beaucoup de nommer ces mystérieux objets que sont les livres comme elle le faisait elle-même en parlant de  petites portes ouvertes sur l’infini . Choisir un passage prend une toute autre dimension dans cette conscience-là. Comment me suis-je retrouvée à lire la vie de cette femme ? Par un beau tour dans le labyrinthe encore ! Et cette fois dans celui des relations amoureuses. Echangeant avec fougue avec mon amie Sophie sur la philosophe et psychanalyste Anne Dufourmantelle, auteur notamment de l ’Eloge du risque  et décédée en 2017 en sauvant des enfants de la noyade, je fais le lien entre...

Billet d'été -2- de lectures dansées, 14 juillet 2020

J’aime lire les dernières phrases d’un roman pour savoir. Pas pour savoir la fin, pour la VOIR. C’est pictural, c’est  une aventure de lignes  pour laquelle je veux embarquer. Quelque chose d’immédiat tout sauf linéaire  « à gauche, aussi, à droite, en profondeur, à volonté. Pas de trajets, mille trajets… »  ce que Michaux est allé chercher dans la peinture car il trouvait les livres ennuyeux avec leur route à sens unique, tracée à l’avance pour le lecteur. J’aime lire les dernières phrases d’un roman avant de prendre mon billet, c’est ce que je disais à Fabrice au fond de la librairie mal éclairée en ayant peine à discerner les derniers mots du  Palais de glace  de Tarjei Vessas que j’hésitais encore, plus pour longtemps, à emporter. Aux derniers mots on VOIT très bien si tout est construit sur une histoire dont la fin est une vraie fin ou si le livre se fait le relai du silence, de l’amour, d’un  voyage infini  où les formes, les coul...

Billet d'été -1- de lectures dansées, 26 juin 2020

Essuyer avec la main la poussière de  Sous le volcan [1] .  Déplacer la bougie qui était éteinte dont  Sous le volcan  avait été le support toute la nuit. Avec les allumettes qui trainent faire des lignes d’allumettes plutôt que d’écriture. Quitter la position assise, s’allonger, attraper un livre à portée de main, le premier qui vient le présenter face ciel aux nuages et aux martinets, défaire les lignes d’allumettes, regarder les méduses de la première page de couverture, sentir l’eau dans l’encre, ses remous et son écume dans les marges et les alinéas surtout. Ne pas passer entre les mots, être prise par un passage /  « Il n’existe rien de plus difficile que de s’abandonner à l’instant. Cette difficulté est la douleur humaine. Elle est nôtre. Je m’abandonne en mots et je m’abandonne quand je peins. » [2]  /  Je m’abandonne en poussières quand je danse.  Sacha Steurer [1]   Malcom Lowry,  Sous le volcan , Editions G...

Chronique 20, 15 juin 2020

Au fur et à mesure que des signes apparaissent ce n’est pas que mon reflet s’efface tout à fait mais je ne le vois plus : Je plonge avec la part silencieuse des mots et je m’ entrevois seulement si je perds le contact avec l’invisible  « …l’ espace entre celui qui voit et ce qui est vu, cet espace est lumière… l’espace entre celui qui pense et ce qui est pensé, cet espace est silence. » [1] Noté cette phrase avant le coucher sur le cahier en préparant mon rendez-vous avec E. de ce matin. Rêvé de chutes de corps à l’infini comme sur cette carte du Tarot de Marseille : Maison-Dieu. Envoyé hier à S. qui cherche une maison depuis des années deux vers du Psaume 26 :  « Je n’adresse au Seigneur qu’une seule demande, je la répète sans cesse : c’est d’habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie … »  Depuis ce matin dans ma maison j’écoute les Métamorphoses de Philippe Glass et je me demande sur quel principe musical ont-elles-ét...

Chronique 19, 8 juin 2020

Un temps d’arrêt s’impose.  Un temps . Je regarde les roses en appelant Diane et ses enfants. Dans la forêt un chemin de livres a disparu avec l’Hiver et le Printemps mêlés en une seule saison.  Je  cherche sa pitance, sa danse dans le feu du silence se consumant d’approcher.  Je  frappe-portes, s’engouffre-vent jusqu’à la fin de sa  Traversée en solitaire [1] . Qui va dans les profondeurs pour nous tous ? Merci les écrivains, les musiciens, les peintres… Merci les apnéistes du Mystère de la Présence.  « Souvent je me disais : « Quelle erreur de m’appeler une danseuse ? Je suis un pôle magnétique qui concentre et traduit les émotions de la musique. » [2]   Ces derniers jours j’étais surtout comme une alcoolique, dire aussi ces instants où la grâce nous quitte et où il faut éloigner livres, attendre, ne plus tourner pages, ne plus tourner du tout, attendre de sentir un appétit renaître. S’approcher soi-même comme un animal...

Chronique 18 du 25 mai 2020

Puis je m’allonge la tête qui tourne, trop de force aujourd’hui dans les bras, le bassin et les pieds, je m’allonge et je vois les hirondelles circulant avec grâce dans le ciel. Demain je tenterai à nouveau ma chance de danser avec elles. Alors les livres comme consolation pour traverser les eaux ; une indication pour me diriger jusqu’à demain :  Marcher simplement. Progresser sans blâme [1] .  Marcher dans les chemins de papiers, de cartons, d’images et de livres dans l’appartement en prenant appui sur les silences stables où les illusions s’enfuient et en rêvant de vergers, c’est maintenant depuis le temps, le temps des cerises.  « Verger : ô privilège d’une lyre / de pouvoir te nommer simplement ; / nom sans pareil qui les abeilles attirent, / nom qui respire et attend… » [2]   Les livres se multiplient, je suis pourtant toujours concentrée sur le Rien.  Rien est la force qui renoue le monde [3] .  Voici la phrase avec laqu...

Chronique 17 du 23 mars 2020

        PER-MIS DE DE-MO-LIR, STA-TIO-NNE-MENT IN-TER-DIT, déplacement bref lié à l’activité physique des yeux pour maintenir la vue de loin, fixer un point, un seul pendant une minute. Souvenir de l’apprentissage de la lecture LO-TO, TA-BAC combien de fois lus ces mots pendant les trajets en voiture dans la ville ? Syllabe après syllabe. Pourquoi dans déchiffrement il y a des chiffres alors que ce sont des lettres que l’on déchiffre ? Cela vient-il de la croyance en des valeurs numériques attribuées aux lettres ? Traine par ici  La Danse de Vie des Lettres Hébraïques  à côté du Tao Te King, du Yi-king, du Dictionnaire des Symboles, des mouchoirs, sur un tapis blanc brodé au pied du lit - tirage en direct – Lundi 23 mars 2020, 21 heures 39 – pour tous les lecteurs de cette chronique – un jour ou l’autre – je tire… Vav, valeur numérique 6, rayonnement vert profond, rubis rouge central …  « … nous aide à retrouver notre axe vertical,...