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Billet d'été -2- de lectures dansées, 14 juillet 2020

J’aime lire les dernières phrases d’un roman pour savoir. Pas pour savoir la fin, pour la VOIR. C’est pictural, c’est une aventure de lignes pour laquelle je veux embarquer. Quelque chose d’immédiat tout sauf linéaire « à gauche, aussi, à droite, en profondeur, à volonté. Pas de trajets, mille trajets… » ce que Michaux est allé chercher dans la peinture car il trouvait les livres ennuyeux avec leur route à sens unique, tracée à l’avance pour le lecteur. J’aime lire les dernières phrases d’un roman avant de prendre mon billet, c’est ce que je disais à Fabrice au fond de la librairie mal éclairée en ayant peine à discerner les derniers mots du Palais de glace de Tarjei Vessas que j’hésitais encore, plus pour longtemps, à emporter. Aux derniers mots on VOIT très bien si tout est construit sur une histoire dont la fin est une vraie fin ou si le livre se fait le relai du silence, de l’amour, d’un voyage infini où les formes, les couleurs et les lumières font tout. 

Sacha Steurer 

Henri Michaux, Passages, Editions Gallimard, Collection L’imaginaire, première parution 1951
Tarjei Vessas, Palais de glace dernière édition française aux Editions Cambourakis, 2014 (texte initialement publié en 1963, en Norvège) 



Commentaires

  1. Ah. Sacha. Il est bon de te lire.
    Peux-tu m'expliquer la tournure de ce fragment : ce que Michaux est allé chercher dans la peinture mais dans la littérature car il trouvait les livres (...)
    Je pense que sans aucun doute c'est volontaire, pourrais-tu m'éclairer ?
    Pascal.

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  2. Cher Pascal, non ce n'était pas volontaire. J'ai corrigé entre temps... Si tu relis une seconde fois.
    Je t'embrasse et te remercie de tes lectures attentives.
    Sacha S.

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